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La Lettre

Politique éducative

Mastérisation : une grande marge de manœuvre laissée aux rectorats

Une circulaire de « cadrage », fixant l’organisation de la première année scolaire des enseignants recrutés à la rentrée 2010, a été adressée, le 25 février, aux recteurs et inspecteurs d’académie.

La réforme de la formation des enseignants, dite « mastérisation », continue d’avancer, malgré la forte contestation syndicale. Le ministère de l’éducation nationale a adressé, le 25 février, aux recteurs et inspecteurs d’académie une circulaire de « cadrage » réglant les modalités de la première année scolaire des enseignants recrutés à la rentrée 2010. Laissant une importante marge de manœuvre aux rectorats, ce texte expose une série de « principes généraux », qu’il leur reviendra de « décliner » dans les académies, en tenant compte de leurs « spécificités ». Selon les principes clés de cette réforme, déjà actés depuis les décrets publiés le 29 juillet 2009, les lauréats des concours de recrutement sont directement affectés sur un poste, et un « compagnonnage » vient se substituer à l’année de formation en alternance jusqu’à présent effectuée dans les IUFM. La circulaire indique que cette affectation se fera dans le cadre d’un « dispositif d’accueil, d’accompagnement et de formation » comprenant « trois temps complémentaires ». D’abord, dans les jours qui précèdent la rentrée scolaire, une « période d’intégration et d’accueil ». Les deux autres temps sont une « formation dans les classes, fondée sur un accompagnement articulant pratique de classe et analyse de pratique », et « une ou des périodes de formation continue dispensées par l’université ou tout autre structure qualifiée » (les IUFM ne sont pas mentionnés). La circulaire précise que ces périodes de formation seront « groupées » ou « filées » (une demi-journée ou une journée par semaine), en fonction des besoins. Au printemps 2009, Xavier Darcos, alors ministre de l’éducation nationale, s’était engagé à ce qu’un tiers du temps de service des futurs débutants, pour leur première année, soit consacré à un « complément de formation ». La circulaire précise que l’accompagnement des débutants « fait partie intégrante de la formation et se décompte ainsi dans le tiers temps », ce qui relativise considérablement cette promesse. Une annonce faite en janvier par Luc Chatel est également confirmée : « dans la mesure du possible », les nouveaux enseignants du primaire seront accompagnés jusqu’aux vacances de la Toussaint par des collègues « expérimentés ». L’essentiel du tiers-temps serait donc consommé dans le primaire. Dans le secondaire, cette première phase d’accompagnement n’est pas prévue par le texte, mais certaines académies, comme celle de Montpellier, avaient présenté des projets en ce sens, et n’excluaient pas non plus des stages groupés de cinq à six semaines au second semestre. Ces périodes de formation posent le problème du remplacement des enseignants concernés. Le texte incite les rectorats à « diversifier » leur vivier de remplaçants, en faisant notamment appel à des contractuels et à des étudiants de deuxième année de master « ayant déjà effectué des stages ou des remplacements ».