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Jean-Louis Nembrini : « La géométrie dans l’espace sera dans les programmes de mathématiques de 2de »

Jean-Louis Nembrini est directeur général de l’enseignement scolaire au ministère de l’éducation nationale.

Les modifications des programmes de mathématiques de 2de que la direction générale de l’enseignement scolaire (Dgesco) avait décidées ont provoqué une levée de boucliers de la part des professeurs de mathématiques. Certains y ont vu une réforme...
Ils ont eu tort. On ne peut parler de réforme, mais de simple adaptation. Elle était inéluctable, après la mise en œuvre des nouveaux programmes du collège à la rentrée 2008. Tout le monde comprendra qu’il y avait une soudure à opérer entre la 3e et la 2de. Dans mon esprit, il était très clair qu’il y avait un lien à établir entre la 3e et la 1re S, via la 2de, et que les programmes actuels ne le permettaient pas. On peut ensuite en discuter le contenu. C’est ce qui s’est passé. Nous nous sommes vu reprocher de ne réserver qu’une portion congrue à la géométrie au profit de nouvelles notions telles les probabilités et statistiques ou l’algorithmique. J’ai demandé à ce l’on rectifie le tir. Pour cela, nous avons lancé une consultation en ligne des enseignants de mathématiques. Elle a pris fin le 15 mai, et nous en avons retenu la substance.

Quelles leçons avez-vous retenues de cette consultation. Les enseignants ont-ils été nombreux à répondre ?
La consultation a été très suivie, et je peux dire que le débat a été mené et qu’il a été riche. Je l’ai suivi en temps réel, sans attendre le 15 mai pour en avoir la synthèse. Il en ressort une demande homogène sur la place de la géométrie. Nous l’avons fait : calculs vectoriels, transformations du plan, géométrie dans l’espace retrouvent leur place. Par contre, nous nous sommes aperçus que l’introduction de l’algorithmique était plutôt bien perçue. Nous l’avons conservée, mais en en modifiant la place. Initialement, nos modifications construisaient les programmes de mathématiques de 2de autour de quatre ensembles : les fractions, la géométrie, les statistiques et probabilités, l’algorithmique. Après prise en compte de la consultation, cette dernière notion n’existe plus à part entière, mais figure dans les trois premières à titre d’exemple. Tout cela est déjà mis en ligne sur notre site www.eduscol.gouv.fr. Je veux préciser que cette nouvelle version doit être soumise à la commission consultative des programmes et au Conseil supérieur de l’éducation, et qu’elle est encore amendable.

L’introduction de notions telles que les probabilités ou l’algorithmique avait suscité l’inquiétude d’enseignants qui estimaient ne pas être formés à ces nouveaux domaines d’enseignement. Comment les rassurer ?
Cet aspect est également remonté de la consultation et de nos contacts avec l’Association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public (Apmep) que j’ai reçue à plusieurs reprises. D’abord, je veux préciser que les manuels des années précédentes restent tout à fait utilisables. Par ailleurs, concernant les nouvelles notions, nous mettrons en ligne des ressources d’ici à la fin de l’année scolaire sur notre site Eduscol. Enfin, nous allons inciter les académies à organiser des périodes de formation. Certaines ont déjà commencé. C’est le cas, par exemple, de l’académie d’Amiens.

Ces modifications en classe de 2de constituent-elles une première étape avant une véritable réforme des programmes de mathématiques du lycée ?
Non, pas pour la Dgesco. Il s’agissait simplement d’articuler les programmes modifiés du collège avec ceux du lycée. Il était indispensable de le faire. Dans un an, les jeunes qui auront effectué leur année de 2de seront armés pour poursuivre en 1re et en terminale. Il ne s’est jamais agi d’expérimenter quoi que ce soit dans le cadre d’une future réforme du lycée. L’introduction de l’algorithmique n’avait rien à voir, comme cela a pu être dit, avec la mise en place d’un nouvel enseignement de l’informatique tel qu’il était prévu dans le cadre de la réforme du lycée repoussée à 2010. Il est vrai que les programmes de mathématiques de 1re et de terminale devront faire l’objet d’ajustements, mais tout à fait à leur marge et sans aucune urgence : il suffit que cela soit prêt à la rentrée 2010.