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Christian Bovier, sur la réforme de la gouvernance académique : « Le rôle du département est réaffirmé »

Christian Bovier est le secrétaire général de la Conférence nationale des IA-DSDEN et adjoints.

Qu’est-ce que la Conférence nationale des inspecteurs d’académie - directeurs des services départementaux de l’éducation nationale et adjoints (IA-DSDEN) ?
La Conférence nationale des IA-DSDEN s’est substituée à l’ancien Syndicat des IA-DSDEN, le SNIA-DSDEN, en mai 2011, afin d’être plus conforme à la fonction. Nous ne sommes en effet pas un corps en tant que tel, mais des hauts fonctionnaires sur emploi, nommés dans un département par décret du président de la République pour une durée de trois ans renouvelable une fois. Nous sommes 147 au total. La plupart d’entre nous ont été enseignants, puis inspecteurs pédagogiques régionaux. Mais il y a aussi des administrateurs civils et des personnels de direction.

Etes-vous favorable au projet de réforme de la gouvernance académique ?
Nous travaillons depuis trois ans sur un projet de charte de gouvernance académique. Quand le ministère nous a proposé, début 2011, un décret plutôt qu’une charte, nous avons évidemment approuvé. Un dialogue soutenu s’est alors engagé avec la direction générale des ressources humaines, et les propositions que nous avons formulées ont été prises en compte. Cette réforme, nous y souscrivons. Elle permet une clarification à plusieurs niveaux : clarification du rôle de l’IA-DSDEN sous l’autorité du recteur, qui devient véritablement le « directeur régional de l’enseignement scolaire », selon les propos du ministre, clarification de son équipe de direction composée d’« adjoints » : le secrétaire général de l’académie et les IA-DSDEN. Clarification, enfin, des niveaux de responsabilité. La réforme établit un principe juridique de subsidiarité : ce qui relève de l’académie est placé sous l’autorité du recteur, ce qui relève du département est sous l’autorité de l’IA-DSDEN -il devient le « maître d’œuvre de la stratégie académique » dans les écoles, les collèges et les lycées du département-, et ce qui relève de l’établissement est sous l’autorité du chef d’établissement. Le système évoluait en ce sens, disons que la réforme met en accord le droit avec le fait.

Ne faut-il pas craindre un affaiblissement du cadrage national ?
Nous défendons un service public national d’enseignement. Mais je ne vois pas comment obtenir une organisation identique entre des académies de tailles différentes, telles que Versailles et Limoges. Cependant, nous sommes attentifs à ce que ces différences ne deviennent pas des disparités. C’est pourquoi il est important d’avoir un texte qui prenne acte des différences et les encadre.

Les IA-DSDEN vont devenir les « directeurs académiques des services de l’éducation nationale dans le département » (DA-SEN). Vos missions vont-elles évoluer ?
Certains opposent l’administratif et le pédagogique et nous associent au domaine de l’administratif. En réalité, nous avons des responsabilités multiples, à la croisée entre ces deux domaines qui s’interpénètrent. Nous élaborons les contrats d’objectifs avec les établissements du 2d degré et la carte scolaire dans le 1er degré. Nous participons à la définition des critères d’attribution des moyens et avons un rôle de gestion des ressources humaines. La réforme va clarifier nos missions et renforcer nos responsabilités, notamment en ce qui concerne le pilotage des lycées. Elle réaffirme aussi le rôle de l’échelon départemental.

Faut-il confier aux chefs d’établissement l’évaluation des enseignants ?
Evitons cette dualité entre administratif et pédagogique ! La pédagogie est administrée, organisée. Evidemment, le chef d’établissement n’a pas les compétences didactiques pour évaluer l’enseignement d’une discipline, mais il doit être le premier pédagogue de l’établissement. N’est-il pas l’organisateur de la gestion de classes, de l’aide aux élèves, de la personnalisation ?

Peut-on supprimer 14 000 postes en 2012 ?
Oui, même si c’est difficile ! Nous sommes en train de travailler sur le schéma d’emplois pour 2012, à travers un dialogue de gestion avec le ministère d’un côté et les chefs d’établissement de l’autre. Notre rôle est de répartir les moyens de manière non pas égalitaire, mais équitable, c’est-à-dire au profit des élèves qui en ont le plus besoin.