Alors que l’Etat dotera en 2010 une dizaine de « campus d’excellence » de 7,7 milliards d’euros, le gouvernement réfléchit à la manière d’accompagner les regroupements d’établissements supérieurs. L’inspection générale propose quatre scénarios.
Le rapport de l’inspection générale sur « les pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) et la reconfiguration des sites universitaires » ne devait pas être rendu public. Le Snesup (FSU), premier syndicat du supérieur, ne l’a pas entendu de cette oreille. L’ayant obtenu, il l’a immédiatement mis en ligne, le 17 mars. A l’approche de la création d’un appel d’offres doté grâce à l’emprunt national de 7,7 milliards d’euros pour créer une dizaine de « campus d’excellence », ce document éclaire les intentions du ministère de l’enseignement supérieur quant à la reconfiguration en cours du supérieur. A la suite de la création du statut de PRES, en 2006, et du vote de la loi sur l’autonomie des universités, en 2007, l’emprunt national se présente comme un nouveau levier au service de l’Etat afin de créer de grands pôles régionaux avec les établissements supérieurs (universités, grandes écoles, etc.). Pour le ministère, il s’agit de donner une visibilité accrue aux pôles universitaires, tout en améliorant les coopérations, tant en matière de recherche que de formation. Jusqu’à présent, cependant, « le bilan de l’activité des quinze PRES, créés ces trois dernières années sous la forme d’établissements publics de coopération scientifique (EPCS), s’il comporte des actions intéressantes et quelques innovations remarquables, est globalement décevant. Les réalisations ne se situent pas au niveau des ambitions affichées lors de leur création », relève l’inspection générale. Cette réalité « en retrait » est « partiellement due à la mobilisation des énergies autour de l’application de la loi 2007 », ainsi qu’à la « réticence des membres fondateurs [des PRES] à déléguer réellement leurs compétences » ou à « mettre en place les moyens financiers ». Pour « mieux rassembler », « mieux gouverner » et « mieux mobiliser les énergies internes », l’inspection générale propose quatre scenarios de regroupement possible, à choisir par les acteurs locaux. Le premier, expérimenté depuis 2009 à Strasbourg, est la fusion d’universités en une seule sur un même territoire. Le deuxième consiste à créer un grand établissement, où la gouvernance pourrait être adaptée selon son projet, comme l’envisagent les quatre établissements lorrains. Enfin, les deux dernières solutions consistent en un regroupement au sein d’un EPCS, soit comme les PRES actuels, soit avec des pouvoirs plus étendus. Une chose, en revanche, reste sûre. Si l’Etat souhaite que cette réorganisation soit menée à bien, « il lui revient d’être l’architecte de ce nouvel urbanisme universitaire : il doit clairement fixer les objectifs, définir les règles du jeu, favoriser les configurations innovantes et éclairer les chemins ».
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