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La Lettre

Politique éducative

Grandes écoles : Nicolas Sarkozy veut 30 % de boursiers, mais sans quota

Le chef de l’Etat a adressé, le 11 janvier, ses vœux au monde de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche. Plusieurs thèmes d’actualité ont été abordés, parmi lesquels l’ouverture sociale des grandes écoles.

Nicolas Sarkozy donne raison à la Conférence des grandes écoles (CGE). Le 11 janvier, lors de ses vœux au monde de l’éducation et de la recherche, sur le campus de l’Ecole supérieure d’électricité (Supélec), dans l’Essonne, le président de la République a rejeté l’instauration, jugée « autoritaire », de quotas de boursiers à l’entrée de chaque grande école : « Je n’accepterai jamais un système où certains candidats seraient reçus à un concours pour la seule raison qu’ils sont boursiers, au détriment d’autres candidats plus méritants et plus travailleurs », a-t-il déclaré. Pierre Tapie, président de la CGE, avait contesté, fin décembre, l’idée d’instaurer de tels quotas, invoquant le risque de baisse de niveau (Voir La Lettre n° 653). Sa position avait suscité une vive polémique. M. Sarkozy persiste en revanche dans son objectif d’avoir 30 % d’élèves boursiers dans chaque grande école, mais aussi dans les études de droit et de médecine, « où la reproduction sociale est tout aussi importante ». Pour l’atteindre, il propose que l’on « diversifie les modes d’accès aux grandes écoles », en augmentant « considérablement le nombre de places pour les bacheliers technologiques dans les écoles d’ingénieurs, dans le cadre d’un concours spécifique ». « Il faut également développer de façon significative les admissions parallèles, destinées aux étudiants non issus des classes préparatoires », a-t-il ajouté. Le chef de l’Etat a par ailleurs défendu la participation de tous les membres des conseils d’administration d’universités autonomes, « y compris les personnalités extérieures », à l’élection du président d’université. Ces personnalités sont pourtant nommées par ce même président d’université... Concernant l’enseignement scolaire, M. Sarkozy a salué les réformes en cours : la mastérisation, qui sera mise en œuvre au printemps 2010, « première étape d’une revalorisation de la condition enseignante », et la réforme du lycée, qui permettra, selon lui, d’atteindre le taux de 50 % de diplômés de l’enseignement supérieur. « C’est un exercice d’autopromotion », a réagi Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU. « L’enseignement scolaire est le grand absent de ce discours, a regretté Frédérique Rolet, cosecrétaire générale du SNES (FSU). La question du collège n’est même pas posée. La revalorisation n’est abordée que sous l’angle de la mastérisation. » Une analyse que partagent le SGEN (CFDT) et l’UNSA-Education. Les syndicats du supérieur ont globalement apprécié la prise de position du président concernant l’ouverture sociale des grandes écoles. Stéphane Tassel, secrétaire général du Snesup (FSU), a toutefois dénoncé le risque d’« aggravation des dérives de la loi LRU ».